EPURATION DES EAUX USÉES
Aquarama 110 – décembre 2025
Compréhension microscopique de la biologie et perspectives d’optimisation
Rendre visible l’invisible. Telle est la vision de la société Hydros, établie à Kuurne. Le microscope à contraste de phase que s’est offert Hydros permet aux entreprises d’acquérir une compréhension accrue des processus associés à l’épuration biologique des eaux usées. Cet équipement se prête à une évaluation précise de la qualité des flocons de boue et partant à l’apport d’optimisations. Non seulement au niveau des processus biologiques, mais aussi d’un bout à l’autre de l’épuration des eaux usées.
Hydros assure depuis trente ans le suivi d’installations (biologiques) d’épuration des eaux dans l’industrie alimentaire. Le prélèvement d’échantillons et leur analyse permettent à l’entreprise de dispenser, au quotidien, un soutien opérationnel et des conseils ciblés en cas de problème ou d’optimisation. L’entreprise proposait déjà des analyses chimiques telles que la détermination spectrophotométrique de la teneur en azote et en phosphore ainsi que la détermination du résidu sec, du résidu après calcination et de l’indice de Mohlman, mais elle ambitionne d’aller plus loin grâce à la microscopie à contraste de phase.
À chaque bactérie son histoire
« La microscopie à contraste de phase utilise un filtre spécial », explique la biologiste Barbara Six. « Elle permet de rendre les structures perceptibles et dès lors de déterminer quelles sont les bactéries spécifiques présentes dans les boues d’une station d’épuration. Cet équipement indique tout d’abord si la culture que présente le système d’épuration biologique est satisfaisante. Si ce n’est pas le cas, l’absence de culture satisfaisante peut avoir un impact sur la décantabilité ou sur d’autres étapes du processus telles que l’osmose inverse. »
Selon Barbara, les bactéries nous en disent bien davantage. « Elles nous livrent une synthèse de l’évolution du système au fil du temps et contribuent à déterminer l’origine précise d’un problème. Si nous rencontrons des spirochètes (bactéries se développant surtout en présence de faibles concentrations en oxygène), il y a fort à parier que l’aération ou la présence de zones mortes pose problème. Chez un fabricant de puces, nous avons constaté une forte concentration en bactéries lipophiles, susceptible d’être attribuable à un problème affectant le séparateur de graisses. Ainsi, chaque bactérie nous raconte son histoire et la microscopie à contraste de phase permet non seulement de traiter les symptômes, mais aussi de s’attaquer activement à la cause. »
Vue d’ensemble
Selon notre biologiste, nombre d’entreprises pourraient bénéficier d’une analyse microscopique de leurs boues. Hydros propose actuellement deux services à cet effet : une analyse ou un diagnostic des boues. « L’analyse des boues met l’accent sur l’évaluation de l’état sanitaire des boues. Lors d’un diagnostic des boues, nous nous penchons aussi sur la cause probable de la qualité des boues rencontrées. »
Dans les deux cas, les images seront enregistrées et transmises en haute résolution. « Une analyse ou un diagnostic ponctuel fournit d’ores et déjà aux entreprises une foule d’informations utiles, bien que ce test soit inclus dans des suivis à plus long terme. Ainsi, nous pouvons offrir une vue d’ensemble encore plus complète du processus d’épuration. »
Texte : Elise Noyez
Illustration : Hydros





